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Mon expérience à l’ISFOGEP
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Fraîchement titulaire d’une maîtrise en droit des affaires, porté par une motivation encore intacte à favoriser l’émergence des talents, des compétences humaines en entreprise, j’abordais cette rentrée scolaire 2003-2004 avec un entrain que je n’avais pas connu depuis mes années de maternelle (une période épique rabelaisienne...). Je rentrais à l’ISFOGEP; avec à la clé pensais-je, un troisième cycle Ressources Humaines du groupe ESSEC, l’une des meilleures formations RH qui soit ! Les six premières semaines se passent donc à l’ESSEC avec, en bonnes places dans le campus des affiches géantes à la gloire de l’HUMANISME, l’ETHIQUE, l’EQUITE... La vertu s’affiche en grand... Côté cours, les intervenants sont pour la plupart jeunes, bons, et plutôt ouverts d’esprit: quasiment la rigueur de l’université, la disponibilité en plus. La pédagogie active mise en place pour la plupart des cours amène cette impression chaque soir d’avoir réellement appris dans la journée. En somme, c’est un peu le paradis à Cergy: toute la promotion flotte sur ce nuage idyllique que tout le monde souhaiterait éternel; mais bientôt, “l’atterissage” se profile à l’horizon, et je sens déjà les parisiens serrer les fesses à l’idée de passer les six mois suivants de formation à Limoges; ça doit pas être drôle pour eux... Natif de la région, j’assume mes responsabilités à plein et tente de les rassurer en leur promettant que “là-bas”, ils pourront quand même capter -“probablement”- leurs chaînes et programmes T.V préférés. Le Grand Bluff Ce que j’ignore alors, c’est que je vais moi-même rapidement déchanter... Six mois d’ISFOGEP pédagogiquement nettement moins réjouissants que les six semaines passée à l’ESSEC: chaque journée est consacrée à un thème. C’est à dire que chaque journée, un intervenant (un “professionnel de terrain”) vient faire un exposé sur un thème différent de celui traité la veille par un autre intervenant. Ce système, qui doit être avantageux pour les intervenants à tous points de vue, me sembla particulièrement indigeste pour les étudiants: Les différents thèmes abordés durant l’année ne sont pas reliés entre eux par le moindre continuum pédagogique et l’on passe sans arrêt du coq à l’âne dans un interminable inventaire à la Prévert. La coordination fait cruellement défaut entre les intervenants qui, à l’exception de quelques modules de base, ne reviennent pas une fois leur intervention bouclée. Arrivé à Limoges, la pédagogie active de l’ESSEC est à ranger au rayon des souvenirs: les journées se déroulent en général, immuablement, selon le même shéma à sens unique: les intervenants font de leur mieux pour “relater leur expérience” sur le thème de la journée, les étudiants, pour écouter, assis, passifs pendant près de huit heures de rang. Les plus pédagogues demandent s’il y’a des questions dans la salle, les plus prévenants laissent des “slides” avant de prendre congé. On termine les journées comme on quitte “la fête du cinéma”, la tête bien pleine, sans que les notes de la veille puissent servir pour l’assimilation de la “séance” du lendemain. Le problème pour cet institut qui qualifie son enseignement de “professionnel” par rapport à un enseignement Universitaire qui lui, aurait le tort d’être “théorique”, consiste à proposer du théorique par des professionnels. Un programme horaire particulièrement chargé, trop peu de travail participatif, de suivi pédagogique font que la période de stage est attendue à la fin de l’année comme une véritable délivrance. Or, se prévaloir ostensiblement d’un partenariat avec l’ESSEC n’a de sens que si, au moins, on fait l’effort de s’inspirer de leurs méthodes pour le reste de l’année... Pour couronner le tout, il me sera impossible pendant l’année d’obtenir d’un intervenant des éclaircissements, même sommaires, sur sa notation. Peut-être aurais-je dû m’excuser de m’être aperçu du dilettantisme estival de cet éternel potachon, resté toutefois trés sensible à la critique... Devais-je dès lors m’attendre à autre chose? Au terme de l’année 2003-04, j’apprends, consterné, que je suis recalé! J’ai validé sans problème l’ensemble des modules pour l’obtention de mon diplôme sauf...la très brève soutenance de mon mémoire professionnel, (noté quant à lui 14.5/20 par un professeur de l’ESSEC, Mr Legrix de la Salle, un orateur épatant, pas spécialement connu pour faire preuve de complaisance) passé devant un jury composé pour la plupart d’anciens de l’ISFOGEP. Pour l’anecdote, on juge pendant cette soutenance à huis clos la manière dont vous présentez vos travaux, votre “force de conviction” (dont le fond a déjà été noté, je précise), que sais-je encore... Vous dépendez du bon vouloir et de la probité d’un jury qui peut invalider une année entière de travail sans avoir à donner de motif particulier (”Vous ne m’avez pas convaincu!”, “Moi, je ne vous prendrai pas!”, “Vous êtes un peu comme un chevalier blanc!”, “Pourquoi avez-vous fait votre couverture de Mémoire avec Word, et pas avec Power-Point?”) ...Consternant. Dernière délicatesse: le peloton de seconds couteaux assignés à “l’exécution” de la soutenance, visiblement peu concerné par ce que je leur disais, avait toutefois pris le temps de calculer de près mon dossier personnel puisque cette funeste clique me signifia, à la fin de l’exposé, m’avoir accordé la note précise de 7/20, conditionnant -extraordinaire hasard- mon obtention du diplôme à l’indulgence (!!!) du directeur de formation. Bien évidemment, je ne fût pas “gracié”. Sûr de la qualité de mon exposé (longuement préparé), et du fait de l’interdiction à l’ISFOGEP d’amener des témoins autres que le seul maître de stage (qui souvent travaille...), je demande -de nouveau- au directeur de formation de me démontrer l’objectivité, l’impartialité des notes que j’ai reçues en me faisant parvenir les corrigés correspondants afin de pouvoir discuter sérieusement. Malgré de multiples relances, j’attends encore à ce jour la totalité de ces corrigés (comptant également des devoirs écrits). Que sont alors devenues ces corrections??? Sur quelles bases ai-je été noté??? Outre les corrigés et rapports de jury, dont je vais devoir me passer, il m’est également impossible d’obtenir le réglement des études de l’ISFOGEP qui devrait normalement exister et être à la disposition des étudiants lorsqu’ils le demandent (le réglement des études prévoit et organise les modalités selon lesquelles les étudiants sont évalués). Et lorsqu’un semblant de règle est énoncé au détour d’un relevé de notes, il n’a vocation à être appliqué qu’à certains, et pas à d’autres; selon des critères qui n’ont manifestement rien d’académique: A présent, assurez-vous d’être bien assis avant de prendre connaissance de cet exemple ; le module de validation intitulé “formation” se déroulait en groupe (il s’agissait de réaliser un plan de formation par équipe de 4 ou 5 qui était noté ensuite par l’intervenant). Si l’on s’en tient aux éléments de “règle du jeux” disponibles, toute note inférieure à 7/20 à un module nécessite que ce dernier soit repassé (indépendamment des notes reçues par ailleurs). Tous les étudiants d’une équipe (ils avaient écopé d’un 5/20) repassèrent en deuxième session d’examen leur module “formation”... Tous sauf une ( dont les parents sont des notables de la région) qui eut son examen en première session comme si rien ne s’était passé... satisfaction résignée pour l’une et incrédulité générale pour “les autres”... En investissant toutes mes économies dans cette formation à l’ISFOGEP-ESSEC, je pensais bénéficier d’un tremplin pour ma vie professionnelle. A la sortie; à 30 ans; je me trouve au RMI avec un prêt étudiant à rembourser. Pas de nouvelles à ce jour de l’Isfogep; pas de nouvelles non plus de l’ESSEC, dont j’attendais beaucoup pourtant. J’espère que ce black-out ne trahit pas de leur part le souhait que cette affaire s’estompe d’elle-même, en même temps que mes “Ressources” (physiques, morales, financières)... D’une manière plus générale, j’espère que la lucidité des futurs étudiants en master, “mastères”, troisièmes cycles RH; les classements et guides honnêtes (comme celui édité par le magazine “Liaisons Sociales”) qui existent pourtant, permettront d’éviter à de jeunes personnes de tomber entre les mains d’individus foncièrement incompétents, guidés par une moralité à géométrie variable (...et qui enseignent les RH!!!): des prédateurs qui s’estiment au-dessus des lois, et comptent bien le rester en l’absence d’une quelconque correction de la part de services publics déliquescents. Les valeurs, ça compte. Pas seulement pour briller lors des cocktails: le groupe ESSEC prône un langage, des valeurs à l’égard desquels il reste obstinément sourd! Ce groupe de formation prône des qualités d’écoute, d’entraide, de développement responsable tout en tolérant à Limoges un organisme qui ne répond pas aux demandes élémentaires, répétées, qu’un étudiant peut légitimement lui formuler. “Là-bas”, on ne sait pas comment on est noté; faute de prendre en compte la compétence, l’allégeance pemet d’être diplômé, le corporatisme, de le rester. ISFOGEP-ESSEC, ESSEC-ISFOGEP: pas un pour rattraper l’autre. Mes demandes d’explications, mes tentatives de dialogue n’ont abouti à rien. J’ai par contre eu la “satisfaction” de ne pas avoir été totalement ignoré puisque j’ai eu à subir plusieurs désagréments d’origine anonyme (bien évidemment ...) sur lesquels je ne m’étendrai pas dans le cadre de cette rubrique mais qui m’ont obligé à partir à l’étranger quelques temps. Le ridicule ne tue pas tant que l’argent rentre :) A la date de sa dernière mise à jour, ce site est en ligne depuis plus de deux ans. Deux ans à l’issue desquels rien n’a bougé face à des individus indignes de leurs responsabilités pour lesquels, manifestement, la parole et le bon droit ne servent à rien: deux ans sans procès de leur part (...Auraient t’ils apprécié mon site ?), deux ans sans proposition de solution de la part de la direction de l’ISFOGEP ou de l’ESSEC (... voilà un bien bel exemple de gestion de crise responsable...) Vendredi 6 juillet 2007 Plusieurs mois après la dernière mise à jour du site, il me semble utile de remercier en premier lieu les internautes, anciens camarades, qui m’ont témoigné leur solidarité, leur soutien, à une époque où, démuni, dépité, submergé par un agrégat de schnouks solidaires, laché par des journalistes locaux ne voulant pas se risquer à “marcher sur des oeufs”, j’en étais venu à me demander s’il m’était encore possible de rester dans ce Pays dans lequel je ne me reconnaissais plus, qui ne méritait pas d’autre jeunesse que celle qui met le feu à leurs voitures. C’est nourri de leur bonne volonté que j’ai trouvé les forces de transcender ma révolte et participer, à la mesure de mes moyens, à l’édification d’un appareil national d’enseignement supérieur ... crédible. Il m’apparait au passage qu’au-delà de sa dimension personnelle, les contours de mon affaire projettent à grands traits les bases de plusieurs chantiers de réflexions parmis lesquels émerge celui de l’évaluation de notre enseignement supérieur. Je m’étonne que ces organismes de formation, privés ou publics, qui chaque année, parviennent légitimement à se faire octroyer toujours plus de subventions, puissent utiliser ces dernières sans que leurs modalités d’utilisation soient contrôlées et leur efficacité sérieusement évaluée... Parce que “Le reste du monde” ne nous attend pas, ne nous doit rien et n’est pas obligé de nous croire, il est temps que l’autorité de l’Etat permette de dôter nos écoles et Universités des outils leur permettant de s’étalonner sur d’autres bases que le Bluff grandiloquent et sans complexe, de pseudo-reconnaissances fabriquées de toutes parts qui n’engagent que ceux qui y croient, sans parler de certains “classements” guignolesques dont je traite en dernière page de ce site ... Pour résumer clairement: On ne va pas se méprendre: les enjeux de cette affaire dépassent largement de son cadre d’origine et amènent à s’interroger sur l’existence en France d’une régulation qualitative des cursus d’enseignement supérieur: Il n’est pas admissible qu’un établissement puisse dévier à ce point de ses obligations légales et morales et continuer, dans le même temps, à bénéficier d’une homologation étatique (avec les subventions publiques qui vont avec) de niveau 1 ... Par une CNCP (Commission Nationale de Certification Professionnelle) étrangement silencieuse lorsque je me permets de leur demander des explications. Il existe un problème en France, et il nous appartient de le régler, avant que d’autres le fassent pour nous. Peut-être serait-il judicieux d’envisager l’utilité d’un organisme -efficace et impartial- chargé de contrôler le sérieux des formations proposées... Quoi qu’il en soit, il reste dans notre intérêt à tous de prévoir un dénouement imminent à ces pratiques archaïques qui, convenons-en, ne devraient plus exister dans un Etat développé.
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